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Pointe des Châteaux en Guadeloupe : le guide du site

Par Thomas Berville · · 18 min de lecture

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La croix de la Pointe des Châteaux face à l'Atlantique, à l'extrémité est de la Grande-Terre
Dans cette page
  1. Un cap de calcaire entre l'Atlantique et la mer des Caraïbes
  2. Pourquoi appelle-t-on la Pointe des Châteaux ?
  3. Combien de temps dure la montée à la croix ?
  4. Quelle plage choisir pour se baigner sur le site ?
  5. Les sentiers autour de la pointe
  6. Comment aller à la Pointe des Châteaux ?
  7. À quelle heure et à quelle saison venir
  8. Falaises, houle et mancenilliers : ce qui demande de la prudence
  9. Ce qu'on enchaîne dans la même journée
  10. Questions fréquentes

À l’extrémité orientale de la Grande-Terre, la Pointe des Châteaux tend une langue de calcaire et d’aiguilles rocheuses entre l’Atlantique et la mer des Caraïbes. On y monte à la croix en un quart d’heure, on regarde La Désirade de l’autre côté du canal, puis on redescend se baigner sur l’une des anses voisines. Voici comment tenir la matinée, où poser la voiture et quelles plages évitent les mauvaises surprises.

L’essentiel

  • Où : commune de Saint-François, au bout de la D118, à 11 km du bourg et environ 45 km de Pointe-à-Pitre
  • Montée à la croix : une quinzaine de minutes depuis le parking, une cinquantaine de mètres de dénivelé, boucle courte d’environ 2,6 km en une heure
  • Accès : libre et gratuit toute l’année, parking gratuit mais petit, site non surveillé
  • Baignade : oui à l’anse des Salines et à l’anse à la Gourde, non à l’anse des Châteaux et à l’anse à la Baie
  • Meilleur créneau : avant 9 h ou en fin d’après-midi, de préférence pendant le carême pour la visibilité sur les îles

Un cap de calcaire entre l’Atlantique et la mer des Caraïbes

La Pointe des Châteaux, c’est d’abord une péninsule d’une dizaine de kilomètres qui prolonge la commune de Saint-François jusqu’au point le plus oriental de la Grande-Terre. Le même nom désigne l’extrémité de cette péninsule, celle où la route s’arrête et où commence le sentier. C’est la raison pour laquelle on lit parfois des distances contradictoires : on parle tantôt de la presqu’île entière, tantôt du bout du bout.

Le sol raconte une histoire longue. La bande littorale est issue d’une couche sédimentaire calcaire déposée pendant plusieurs millions d’années d’immersion, que la mer et les embruns ont ensuite taillée. Ce qui reste aujourd’hui, ce sont les aiguilles et les récifs qui sortent de l’eau au large de la pointe : les reliques d’une falaise démolie par les vagues, dont les îlets La Roche et l’Éperon sont les morceaux les plus visibles.

Le site se tient exactement sur la couture entre deux mers. Au nord et à l’est, l’Atlantique arrive sans rien devant lui et casse sur les rochers ; au sud, les eaux glissent vers la mer des Caraïbes et s’apaisent derrière les récifs. Cette double exposition explique presque tout de la journée que vous passerez ici, du vent permanent au contraste entre une anse où l’on nage tranquillement et une autre, à cinq cents mètres, où personne ne devrait entrer dans l’eau.

Ce n’est pas un parc de loisirs mais un espace protégé. Le site est classé au titre des monuments naturels et des sites depuis 1997, il appartient au réseau des Grands Sites de France et une large partie des terrains a été acquise par le Conservatoire du littoral, qui y mène une Opération Grand Site avec la commune pour encadrer la fréquentation. Cette fréquentation tourne autour de 500 000 visiteurs par an, ce qui en fait l’un des sites naturels les plus courus de l’archipel.

Aiguilles rocheuses de la Pointe des Châteaux émergeant de la mer au bout de la péninsule
Les aiguilles rocheuses au large de la pointe, restes d’une falaise démantelée par la houle · Photo Jacques Agier / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Pourquoi appelle-t-on la Pointe des Châteaux ?

Il n’y a jamais eu de château ici, et c’est la première chose à savoir. L’explication la plus répandue est visuelle : vues depuis la mer ou depuis le sentier du sud, les découpes de la falaise et les rochers isolés dessinent des silhouettes de donjons en ruine, de tours ébréchées et de remparts. Le Conservatoire du littoral résume la chose en parlant de châteaux imaginaires, ce qui est exactement l’effet produit un jour de lumière rasante.

Une seconde version circule dans plusieurs guides et mérite d’être citée. En 1683, la communauté religieuse des Capucins aurait établi sur la péninsule une paroisse dite des Châteaux, et le nom du lieu viendrait de cette implantation, déformée au fil des générations. Les deux récits ne s’excluent pas : un toponyme ecclésiastique a pu s’accrocher d’autant plus facilement que le paysage le justifiait à l’œil.

La péninsule était d’ailleurs habitée bien avant. Les fouilles archéologiques menées à l’anse à la Gourde depuis 1995 ont confirmé une présence amérindienne, arawak puis caraïbe, entre 300 et 1400 environ après Jésus-Christ. Plus tard, le coton a occupé une bonne part des terres cultivables de Saint-François avant de disparaître. Le cap que vous allez parcourir en une matinée a donc été tour à tour village, champ et carrière à sel.

Attention à l’homonyme

Il existe une autre pointe des Châteaux à La Réunion. Les deux sites sortent dans les mêmes résultats de recherche, et beaucoup de photos circulent sous la mauvaise étiquette. Si une image montre des remparts basaltiques noirs au-dessus d’un océan sombre, vous êtes dans l’océan Indien, pas en Guadeloupe.

Combien de temps dure la montée à la croix ?

Comptez une quinzaine de minutes depuis le parking, pas davantage. Les sources s’accordent sur cet ordre de grandeur : le comité du tourisme parle d’une quinzaine de minutes, une fiche de randonnée grand public donne dix à quinze minutes, et les guides en ligne reprennent la même fourchette. Le dénivelé est ridicule à l’échelle d’une randonnée, une cinquantaine de mètres au total, puisque le monticule qui porte la croix, le Morne Pavillon, culmine à 43 mètres.

Le chemin part du parking, longe d’abord les deux cents mètres de sable de l’anse des Châteaux, puis grimpe. La montée finale se fait sur de la roche et sur des marches de pierre taillées, courtes mais raides par endroits. Rien de technique, et le sol reste praticable même après une averse parce qu’il s’agit de calcaire nu plutôt que de terre. En revanche, des tongs ou des sandales de plage ne suffisent pas : la pierre est coupante et le pas se pose de travers.

Le vent, lui, mérite qu’on en parle avant de partir. Il souffle presque en permanence sur cette pointe, souvent fort, et il redouble dans les derniers mètres avant le sommet. C’est une bonne nouvelle pour la chaleur et une mauvaise pour les chapeaux, les casquettes et les trépieds. Tenez les enfants par la main sur la partie sommitale, où le sentier passe près de ruptures de pente.

En haut se dresse une croix de béton armé de 10 mètres de haut pour 9 tonnes. La première avait été érigée en 1951 à l’initiative du père Jean-Baptiste de Lahondèses et de Monseigneur Gay, pour le centenaire du diocèse de la Guadeloupe ; celle que vous voyez aujourd’hui l’a remplacée au début des années 2000. Elle sert de repère à tout le monde, y compris aux marins qui passent au large.

Le panorama est la vraie récompense, et il fait le tour complet. Vers le nord, la côte découpée de la Grande-Terre s’enfonce vers Le Moule ; à l’est, La Désirade barre l’horizon à quelques kilomètres seulement ; au sud-est, les deux îlets de Petite-Terre forment une ligne basse ; au sud, par temps clair, Marie-Galante et la silhouette des Saintes apparaissent. Le dernier point dépend entièrement de la visibilité : un jour de brume de sable, vous ne verrez que La Désirade, et ce sera déjà beaucoup.

La croix de béton dressée au sommet de la Pointe des Châteaux, vue depuis le sentier
La croix du sommet, 10 mètres de haut et 9 tonnes, héritière de celle de 1951 · Photo KoS / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Quelle plage choisir pour se baigner sur le site ?

La question revient tout le temps, et la réponse n’est pas la même selon l’anse. Sur cette pointe, quelques centaines de mètres séparent une plage familiale d’une plage où l’on se noie. La règle est simple : tout ce qui regarde l’Atlantique en plein, sans récif devant, se contemple depuis le sentier.

L’anse des Salines, que l’on trouve aussi écrite plage des Salines ou Grandes Salines, est le choix le plus sûr. Le sable est clair, la bande s’étire sur près d’un kilomètre entre la mer et les marais salants, et un récif casse la houle avant qu’elle n’atteigne le rivage. On y accède en reprenant la voiture depuis le parking de la pointe, sur quelques centaines de mètres seulement, puis en marchant cinq minutes depuis le bord de la route. L’ombre y est rare : c’est la contrepartie du décor.

L’anse à la Gourde, sur la façade nord de la péninsule, est l’autre valeur sûre, en particulier avec de jeunes enfants. La barrière protège des bassins peu profonds où l’eau reste tiède, et le rocher de l’Éperon plante un décor reconnaissable au milieu de la baie. C’est aussi le site des fouilles archéologiques évoquées plus haut, ce qui donne un supplément de sens à un pique-nique les pieds dans le sable.

Plus à l’est sur la même façade, l’anse Tarare est une petite crique encaissée, connue pour être fréquentée par les naturistes. Elle se rejoint à pied depuis un parking de bord de route et reste plus sauvage, sans aucun aménagement. Sa voisine, la baie du Chameau, joue dans le même registre : très jolie, très exposée au vent et à la houle du nord, et sans surveillance. Sur ces deux anses comme sur la plage des Rouleaux, plus au nord, jugez la mer du jour avant de décider quoi que ce soit.

Restent les deux interdictions, à prendre au sérieux. L’anse des Châteaux, celle que le sentier longe au départ du parking, reçoit des rouleaux qui déferlent avec une puissance surprenante ; l’anse à la Baie, sur la façade nord, combine courants et remous. Les panneaux y interdisent la baignade, et ils ne sont pas décoratifs. Le site n’est surveillé par personne.

Plage Baignade À savoir
Anse des Salines Oui Protégée par un récif, cinq minutes de marche depuis la route, très peu d’ombre
Anse à la Gourde Oui Bassins peu profonds, adaptée aux jeunes enfants, site archéologique
Anse Tarare Selon l’état de la mer Crique sauvage, fréquentée par les naturistes, aucun aménagement
Baie du Chameau Selon l’état de la mer Exposée au vent et à la houle du nord, sans surveillance
Anse des Châteaux Non Rouleaux violents juste au départ du sentier
Anse à la Baie Non Courants et remous, baignade interdite par panneau
La longue plage des Grandes Salines et son eau claire, à la Pointe des Châteaux
La plage des Salines, la baignade la plus tranquille du site, abritée par son récif · Photo KoS / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Les sentiers autour de la pointe

La montée à la croix n’est que le début. Depuis le même parking partent plusieurs traces balisées qui font de ce cap une vraie petite zone de randonnée, sans jamais dépasser le niveau facile. La boucle la plus courante enchaîne la croix, la pointe de la Chaise, un platier rocheux creusé de bassins et de cavernes, puis l’anse Degrat et un retour par les marais : environ 2,6 kilomètres et une heure de marche, dénivelé compris.

Les traces portent des noms que vous verrez sur les panneaux. La trace des Colibris monte prendre de la hauteur au-dessus de la côte, du côté de la pointe du même nom. La trace de la Chaise fait le petit tour de la pointe par le sud. La trace des Salines longe la plage du même nom. Enfin, le sentier du littoral fait le grand tour de la presqu’île et se prête très bien à une portion seulement : la section qui rejoint l’anse à la Gourde est courte et suit la côte de bout en bout.

Pour une matinée plus ambitieuse, il existe une grande boucle au départ du bourg de Saint-François qui relie la pointe, le secteur de Tarare et la plage des Salines : environ 7,5 kilomètres, deux heures et quart de marche, avec une soixantaine à une petite centaine de mètres de dénivelé cumulé. Elle se fait aussi partiellement à vélo en empruntant la route qui longe le littoral depuis le centre. Dans les deux cas, partez tôt : il n’y a quasiment pas d’ombre sur le parcours.

Deux précisions avant de tracer un itinéraire sur la carte. Les balisages évoluent et certaines portions peuvent être fermées après un coup de mer ou pour laisser la végétation se reconstituer ; fiez-vous aux panneaux du jour plutôt qu’à une trace téléchargée l’an dernier. Et restez sur le chemin, y compris quand un raccourci semble évident : le sol est fragile et plusieurs oiseaux nichent à même le sable et la roche.

L'anse à la Gourde, le rocher de l'Éperon dans la baie et La Désirade au loin
L’anse à la Gourde, le rocher de l’Éperon dans la baie et La Désirade à l’horizon · Photo Daniel Jolivet / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Comment aller à la Pointe des Châteaux ?

En voiture, et à peu près uniquement. Depuis Saint-François, suivez la D118 vers l’est sur 11 kilomètres jusqu’à ce que la route s’arrête : comptez un petit quart d’heure. Depuis Pointe-à-Pitre, il faut environ 45 kilomètres et trois quarts d’heure, par la N4 puis la D118. Aucune ligne de transport en commun ne dessert régulièrement le site, ce qui laisse la location, le taxi ou l’excursion organisée à qui ne conduit pas.

Le parking du bout de la route est gratuit, mais il est plus petit que sa réputation. À partir de 9 h 30 en saison, il est souvent plein, et les voitures se garent alors le long de la route sur plusieurs centaines de mètres. Ce n’est pas dramatique, cela rallonge simplement la marche d’approche et le retour sous le soleil. Le stationnement sauvage sur les accotements végétalisés, en revanche, abîme un site protégé pour rien.

Sur place, quelques stands et paillotes proposent des souvenirs, des boissons fraîches, des bokits et surtout les fameux sorbets coco tournés à la main dans des seaux en bois. Les horaires suivent l’affluence et la saison plutôt qu’une grille affichée : on trouve du monde en milieu de journée, beaucoup moins tôt le matin. Ne comptez donc pas sur le site pour votre ravitaillement en eau : emportez votre gourde, une par personne, et remplie.

Le mot d’ordre de l’équipement tient en trois lignes. Chaussures fermées pour le sentier rocheux, chapeau ou casquette avec une attache, crème solaire et lunettes. Il n’y a quasiment aucune ombre sur le Morne Pavillon ni sur les plages du site, et le vent trompe sur l’intensité du soleil. Ajoutez un coupe-vent léger si vous venez au lever du jour, l’air est frais avant que le soleil ne monte.

À quelle heure et à quelle saison venir

Le meilleur créneau est le matin, avant 9 heures. La lumière arrive de la mer et frappe la falaise de face, la chaleur reste supportable, le parking est vide et la croix n’est pas encombrée. Les plus matinaux visent le lever du soleil, entre 5 h 30 et 6 h 30 selon la saison : on monte alors à la frontale, ce qui suppose d’avoir repéré le chemin la veille. La fin d’après-midi offre l’autre belle fenêtre, avec une lumière dorée sur les falaises, mais il faut redescendre avant la nuit, qui tombe vite sous ces latitudes.

Côté saison, le carême, de décembre à avril, donne les meilleures conditions : ciel dégagé, visibilité maximale sur les îles voisines et mer généralement mieux tenue. C’est aussi la haute saison touristique, donc la période où l’écart entre 8 h et midi se mesure en dizaines de voitures. Pendant l’hivernage, de juin à novembre, le site reste praticable, avec des averses courtes, des vents plus soutenus et un horizon souvent bouché qui prive du panorama. Au printemps, des baleines à bosse passent au large et s’observent parfois depuis le sommet, sans aucune garantie.

Un jour de vent fort, la pointe change de nature. La mer monte sur les rochers, les embruns portent jusqu’au sentier, et le bruit couvre les conversations. C’est spectaculaire, et beaucoup préfèrent le site dans ces conditions plutôt que sous un ciel parfait. Cela suppose en revanche de renoncer à la baignade partout, de garder ses distances avec le bord et de considérer que la partie sommitale peut devenir déplaisante, surtout avec des enfants. Pour arbitrer sur plusieurs jours, la page de nos activités en Guadeloupe et celle des plages de l’archipel donnent des solutions de repli à l’abri.

Vagues se brisant sur les rochers de la Pointe des Châteaux un jour de gros temps
Un jour de coup de vent à la pointe : la houle atlantique monte sur les rochers · Photo Alain NEGRONI / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Falaises, houle et mancenilliers : ce qui demande de la prudence

Le premier danger du site est l’endroit d’où l’on prend les photos. Le bord des falaises est rongé par-dessous, la roche calcaire s’effrite, et une bourrasque suffit à déséquilibrer quelqu’un qui regarde dans son écran. Reculez d’un mètre ou deux, la photo sera la même. Le platier rocheux, lui, devient glissant dès qu’il est mouillé par une vague, et certaines surfaces sont franchement coupantes sous une semelle fine.

La houle est le second sujet. Des vagues plus grosses que les précédentes arrivent par séries, y compris par mer apparemment calme, et elles balaient des dalles où l’on se tenait sans souci trente secondes plus tôt. La consigne vaut aussi pour la fameuse Douche, ce rocher du versant sud où l’on se place pour recevoir l’embrun d’une vague : c’est amusant tant qu’on reste du bon côté et qu’on ne tourne pas le dos à la mer.

Les mancenilliers complètent la liste, et ils passent souvent inaperçus. Cet arbre d’arrière-plage, repérable à ses petites pommes vertes, porte une sève et des fruits toxiques ; la pluie qui ruisselle sur son feuillage suffit à provoquer des brûlures. Les sujets concernés sont normalement marqués d’un anneau ou d’un trait rouge sur le tronc. Ne vous abritez pas dessous, ne touchez à rien, et lisez notre fiche sur le mancenillier et ses risques avant de choisir un coin d’ombre sur une plage de l’archipel.

Reste le respect du site, qui n’est pas un détail sur un cap protégé. La flore d’ici est adaptée au sel et à la sécheresse : raisiniers bord de mer, cactus, pourpier bord de mer, mapou gris, canique grise. Elle sert de refuge à des oiseaux marins et migrateurs, sternes, pailles-en-queue, limicoles et parulines, et deux espèces nichent sur place, le gravelot de Wilson et l’échasse d’Amérique. Restez sur les sentiers balisés, tenez les chiens, repartez avec vos déchets, et laissez les coquillages et les galets là où ils sont.

Ce qu’on enchaîne dans la même journée

La pointe se visite en deux à trois heures, baignade comprise, ce qui laisse largement de quoi remplir le reste de la journée. Le plus simple est de rentrer sur Saint-François, à un quart d’heure de route : la marina, le port de pêche où l’on assiste au retour des bateaux, la plage des Raisins Clairs pour une seconde baignade, et de quoi déjeuner sans réserver trois semaines à l’avance.

C’est aussi depuis Saint-François que partent les bateaux vers l’est. La traversée pour La Désirade, cette île longue et sèche que vous venez de regarder depuis la croix, se fait en une petite heure et permet une journée complète sur place. Les excursions vers la réserve naturelle de Petite-Terre quittent la même gare maritime tôt le matin : les deux îlets se voient depuis le sommet, au sud-est, et se visitent uniquement avec un opérateur agréé.

Si vous restez sur la Grande-Terre, la côte nord-est prolonge naturellement l’ambiance de la pointe : falaises, anses battues et sentiers littoraux jusqu’à la Porte d’Enfer, en passant par Le Moule. L’option inverse consiste à basculer vers le sud et ses plages abritées, du côté de Sainte-Anne, pour finir la journée dans une eau calme. Les deux se font dans l’après-midi sans courir, ce qui est exactement ce qu’on demande à une journée de vacances.

La Désirade posée sur l'horizon, vue depuis la Pointe des Châteaux
La Désirade vue depuis la pointe : le ferry part de Saint-François, à un quart d’heure de route · Photo KoS / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Questions fréquentes

Que peut-on faire à la Pointe des Châteaux ?

Trois choses essentiellement : monter à la croix pour le panorama sur La Désirade, Petite-Terre, Marie-Galante et Les Saintes, marcher sur les sentiers côtiers qui font le tour de la presqu’île, et se baigner sur les anses protégées par le récif. Le site se parcourt en deux à trois heures, baignade comprise, et l’accès est libre et gratuit.

Quelle est la durée de la randonnée vers la Pointe des Châteaux ?

La montée à la croix demande une quinzaine de minutes depuis le parking, pour une cinquantaine de mètres de dénivelé. La boucle classique qui enchaîne la croix, la pointe de la Chaise et l’anse Degrat fait environ 2,6 kilomètres et se boucle en une heure. La grande boucle au départ de Saint-François compte environ 7,5 kilomètres et deux heures et quart de marche.

Comment aller à la Pointe des Châteaux ?

En voiture, par la D118 qui prolonge Saint-François vers l’est sur 11 kilomètres et se termine au parking du site, soit un petit quart d’heure de route. Depuis Pointe-à-Pitre, comptez environ 45 kilomètres et trois quarts d’heure par la N4 puis la D118. Aucune ligne régulière de transport en commun ne dessert le site ; taxi et excursion organisée sont les seules alternatives à la voiture.

Pourquoi appelle-t-on la pointe des Châteaux ?

Il n’y a aucun château sur le site. L’explication la plus courante tient à la forme des falaises et des rochers isolés, qui évoquent des donjons et des remparts en ruine vus depuis la mer. Une seconde version, reprise par plusieurs guides, attribue le nom à une paroisse dite des Châteaux, établie par les Capucins sur la péninsule en 1683 et déformée avec le temps.

Quelle est la plus belle plage de la Pointe des Châteaux ?

Les visiteurs citent le plus souvent l’anse des Salines, une longue bande de sable clair coincée entre la mer et les marais, abritée par un récif qui casse la houle avant la plage. L’anse à la Gourde lui dispute la place, avec ses bassins peu profonds et le rocher de l’Éperon au milieu de la baie. L’une comme l’autre manquent cruellement d’ombre.

Faut-il payer pour entrer sur le site ?

Non. L’accès au site, aux sentiers et au parking est libre et gratuit toute l’année. Il n’y a ni billetterie, ni horaires d’ouverture, ni surveillance de la baignade. La contrepartie est qu’il faut arriver tôt pour trouver une place, et venir autonome en eau, en protection solaire et en chaussures correctes.

La visite convient-elle aux jeunes enfants ?

Oui, à condition d’adapter le programme. La montée à la croix est courte mais exposée au vent près du sommet, et les abords des falaises demandent une main tenue en permanence. Pour la baignade, l’anse à la Gourde et ses bassins peu profonds conviennent mieux que le reste du site. Partez tôt, l’absence d’ombre pèse vite sur une matinée avec des petits.

Thomas Berville

Thomas couvre la Basse-Terre : la Soufrière par tous les temps, les traces de forêt et la réserve Cousteau. Il a une préférence pour les départs de randonnée avant 7 heures.

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