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Pointe-à-Pitre : visiter la capitale économique de l’archipel

Par Lucie Armand · · 18 min de lecture

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La façade en résille métallique blanche du Mémorial ACTe, au bord de l'eau à Pointe-à-Pitre
Dans cette page
  1. Pointe-à-Pitre aujourd'hui : petite commune, grande agglomération
  2. Que peut-on visiter à Pointe-à-Pitre ?
  3. Le Mémorial ACTe, la vraie raison de venir
  4. Les marchés : Saint-Antoine, la Darse et le prix des épices
  5. Le centre ancien : place de la Victoire, église de fer et maisons à balcon
  6. Le port : ferries pour les îles et escales de croisière
  7. Est-ce que Pointe-à-Pitre est dangereuse ?
  8. Venir, se garer et choisir le bon créneau
  9. Où manger : bokit, lolos et cuisine du marché
  10. Questions fréquentes

Pointe-à-Pitre n’est pas une station balnéaire et n’a jamais cherché à le devenir. C’est la capitale économique de la Guadeloupe, un port, deux marchés, un centre administratif et le quai d’où partent les bateaux vers les autres îles de l’archipel. On y passe une demi-journée, parfois une journée entière si l’on prend le temps du Mémorial ACTe, et l’on dort presque toujours ailleurs.

L’essentiel

  • Ce que c’est : sous-préfecture et capitale économique de la Guadeloupe, 15 040 habitants sur 2,66 km², au centre d’une agglomération de plus de 250 000 personnes
  • Durée à prévoir : une demi-journée pour la ville, une journée complète si vous ajoutez le Mémorial ACTe et un musée
  • Le bon créneau : du mardi au samedi entre 8 h et 13 h, quand les marchés tournent et que les commerces sont ouverts
  • Budget estimé : la ville se parcourt gratuitement, environ 15 € pour le Mémorial ACTe, 5 à 8 € pour un bokit
  • Pour qui : les voyageurs qui veulent voir la Guadeloupe habitée et travailleuse, pas ceux qui cherchent une plage

Pointe-à-Pitre aujourd’hui : petite commune, grande agglomération

Commençons par le malentendu le plus fréquent. Pointe-à-Pitre n’est pas la capitale administrative de la Guadeloupe : la préfecture siège à Basse-Terre, de l’autre côté de la Rivière Salée. Pointe-à-Pitre est la sous-préfecture, le chef-lieu d’arrondissement et, surtout, la capitale économique de l’archipel. C’est là que se concentrent le port, les administrations, le centre hospitalier universitaire et une bonne partie du commerce de détail.

Deuxième malentendu, la taille. La commune elle-même est minuscule : 2,66 km² et 15 040 habitants au dernier recensement, ce qui en fait l’une des plus petites communes de Guadeloupe par la superficie. Ce qui est grand, c’est ce qu’il y a autour. L’unité urbaine de Pointe-à-Pitre et des Abymes rassemble plus de 253 000 personnes, et l’aire d’attraction dépasse 315 000 habitants, soit une large moitié de la population de l’archipel. Les Abymes, Baie-Mahault et Le Gosier pèsent bien plus lourd que le centre-ville.

Concrètement, quand un Guadeloupéen dit « je vais à la Pointe », il parle du centre historique, ce damier de rues serrées entre la place de la Victoire, la darse et le front de mer. C’est là que tient tout ce qu’un visiteur vient chercher, et cela se fait à pied en deux ou trois heures. Le reste de l’agglomération, la zone de Jarry à Baie-Mahault, les grandes surfaces, les rocades, n’a aucun intérêt touristique et se traverse au pas dans les embouteillages.

Troisième point, à dire franchement : on ne loge pas à Pointe-à-Pitre pour des vacances balnéaires. La ville n’a pas de plage, très peu d’hébergements de séjour, et elle se vide dès que les commerces ferment. Les bases de départ classiques en Grande-Terre sont Le Gosier, Sainte-Anne et Saint-François. Y dormir n’a de sens que pour une raison pratique : un vol très tôt, un ferry à l’aube, une escale de croisière.

Le quai de la darse de Pointe-à-Pitre, la halle au toit orange à droite et le Mémorial ACTe au loin
Le front de mer de la darse, avec le Mémorial ACTe au fond · Photo Enrevseluj / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Que peut-on visiter à Pointe-à-Pitre ?

La liste tient sur une main, et c’est très bien ainsi. Le Mémorial ACTe, au bord de l’eau, est le seul site qui justifie à lui seul de venir. Les deux marchés, celui de la halle Saint-Antoine et celui de la Darse, donnent la couleur et l’odeur de la ville. La place de la Victoire, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul et les maisons créoles à balcon composent le centre ancien. Restent deux petits musées, Saint-John Perse et Schœlcher, installés dans de belles maisons de ville.

Si vous disposez d’une demi-journée, gardez cet ordre : marché en début de matinée, centre ancien à pied dans la foulée, Mémorial ACTe ensuite, déjeuner pour finir. Si vous avez la journée entière, intercalez un musée et une flânerie le long des quais, où le street art a pris une bonne partie des pignons aveugles. Comptez large : en ville, tout est proche, mais la chaleur et le bruit fatiguent plus vite qu’on ne l’imagine.

Ce que vous ne trouverez pas ici, ce sont les images de carte postale qui ont fait la réputation de l’archipel. Pour le lagon, les cascades et les randonnées, notre page que faire en Guadeloupe couvre le reste du territoire. Pointe-à-Pitre s’ajoute à un séjour, elle ne le porte pas.

Le Mémorial ACTe, la vraie raison de venir

Le Mémorial ACTe, ou MACTe, se présente comme le Centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage. Il est ouvert au public depuis le 7 juillet 2015, après une inauguration officielle le 10 mai de la même année. Le lieu n’a pas été choisi au hasard : le bâtiment occupe le site de l’ancienne usine sucrière Darboussier, sur la rade, là où le travail forcé a fonctionné pendant des décennies. Poser un musée de la mémoire de l’esclavage sur les fondations d’une sucrerie n’est pas une coquetterie d’architecte, c’est le propos même du lieu.

L’architecture est signée par l’atelier guadeloupéen BMC, retenu parmi vingt-sept candidatures. Le principe tient en une image : des racines d’argent posées sur une boîte noire. Le socle est un granit noir serti d’éclats de quartz, la résille qui le coiffe est un entrelacs d’acier argenté que l’on aperçoit de loin depuis la mer. L’ensemble couvre 7 800 m². Une passerelle de 275 mètres de long, suspendue à 11,5 mètres, relie le mémorial au Morne Mémoire, un jardin panoramique de 2,2 hectares qui domine la baie.

À l’intérieur, l’exposition permanente déroule six « archipels » et trente-neuf « îles », de l’esclavage antique aux traites atlantiques puis aux prolongements contemporains. Prévoyez deux heures au minimum, trois si vous lisez les cartels. Le parcours est dense, souvent dur, et se visite mieux le matin, l’esprit frais, qu’en fin de journée après une plage. Ne le réservez pas au jour de pluie : c’est la visite la plus importante de tout un séjour guadeloupéen.

Côté pratique, comptez un billet de l’ordre de 15 € estimés pour l’exposition permanente, avec des tarifs réduits et des formules combinées. Le mémorial ferme au moins un jour par semaine et ses horaires ont changé plusieurs fois depuis l’ouverture, y compris pendant les périodes de travaux. Vérifiez jours et heures sur le site officiel du Mémorial ACTe le matin même plutôt que de vous fier à un horaire lu ailleurs. Devenu établissement public de coopération culturelle en 2019, le lieu a reçu le Prix du musée du Conseil de l’Europe en 2017.

Façade vitrée du Mémorial ACTe surmontée de son entrelacs d'acier blanc, avec la passerelle qui monte vers le Morne Mémoire
La résille d’acier du Mémorial ACTe et le départ de la passerelle · Photo Filo gèn’ / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Les marchés : Saint-Antoine, la Darse et le prix des épices

Pointe-à-Pitre a deux marchés qu’il ne faut pas confondre. Le marché Saint-Antoine, aussi appelé marché aux épices ou marché central, occupe une halle métallique classée au titre des monuments historiques, à deux pas de la rue Frébault, l’artère commerçante du centre. C’est le plus grand, le plus couvert, celui où les marchandes travaillent à l’année. Le marché de la Darse, lui, s’étale en plein air sur le quai Jean-François Layrle, face à l’eau, et vit surtout du passage, croisiéristes compris. Un troisième, le marché aux poissons, ouvre à l’aube près du front de mer et se termine tôt.

La halle métallique du marché central de Pointe-à-Pitre, étals de chapeaux de paille, paniers et madras sous la charpente
La halle du marché Saint-Antoine, classée monument historique · Photo LPLT / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Ce que l’on y achète vraiment : des épices en sachet ou en sac de toile, cannelle en bâtons, muscade entière, anis étoilé, bois d’Inde, roucou, curcuma, mélanges à colombo, piments et poivres. À côté, les rangées de bouteilles écrites au marqueur, sirops de gingembre, d’oseille ou de canne, huile de carapate, préparations pour rhums arrangés. Puis le rayon souvenir, madras, paniers tressés, chapeaux de paille, toiles peintes. Les fourchettes estimées, relevées avant la saison 2026-2027, tournent autour de 2 à 5 € le sachet d’épices, souvent trois pour un prix rond, et de 5 à 12 € la bouteille de sirop ou d’huile.

Le rapport aux marchandes mérite d’être décrit honnêtement, parce qu’il surprend. On vous hèle, on vous attrape le bras, on vous propose de goûter, on insiste. Ce n’est ni de l’agressivité ni une arnaque, c’est la manière de vendre ici. Répondre bonjour d’abord, en créole si vous osez, change immédiatement le ton de l’échange. Décliner poliment fonctionne très bien, on ne vous suivra pas. Comparez deux ou trois étals avant d’acheter, les écarts de prix sont réels sur les mêmes produits, et négociez sur les lots plutôt que sur l’unité.

Deux réflexes évitent les déceptions. La vanille vendue sous plastique au marché de la Darse n’est pas toujours guadeloupéenne, demandez son origine sans détour. Et les punchs arrangés déjà bouteillés voyagent mal en soute : mieux vaut rapporter les épices et faire son mélange en rentrant. Pour aller plus loin sur ce que l’on mange et ce que l’on rapporte, notre page culture et saveurs de Guadeloupe détaille les produits et les gestes.

Étal du marché de la Darse, avec des sacs de cannelle, muscade, anis étoilé et paprika, des bouteilles de sirops et d'huile de carapate et des étiquettes de prix écrites à la main
Épices, sirops et huiles sur un étal du marché de la Darse · Photo Filo gèn’ / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le centre ancien : place de la Victoire, église de fer et maisons à balcon

La place de la Victoire est le cœur historique de la ville et son seul vrai espace de respiration. Créée sous le nom de place Sartine, elle a été rebaptisée pendant la Révolution française, quand Pointe-à-Pitre s’appelait Port-la-Liberté. Elle aligne de hauts palmiers royaux, des bancs, un kiosque, la façade du théâtre La Renaissance sur un côté et la sous-préfecture, installée dans une ancienne caserne du XIXe siècle, sur un autre. Le monument aux morts en marbre de Carrare, inauguré en 1925 et surnommé La Douloureuse, porte sur son socle le mot Karukera, nom amérindien de l’île.

L'esplanade de la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre, ses palmiers royaux, un kiosque jaune et la façade du théâtre La Renaissance
La place de la Victoire et ses palmiers royaux · Photo LPLT / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Le plan en damier du centre n’est pas un caprice d’urbaniste : il vient d’un incendie qui a ravagé la ville en 1780 et a permis de tout redessiner. Pointe-à-Pitre a d’ailleurs été détruite plusieurs fois. Le tremblement de terre du 8 février 1843, suivi d’un incendie, a fait environ trois mille morts et rasé la quasi-totalité des bâtiments. Après le cyclone de 1928, l’architecte Ali Tur a reconstruit en béton armé le palais de justice, la halle aux poissons, plusieurs écoles et la caserne des pompiers. Cette succession de catastrophes explique le mélange architectural déroutant du centre, où une maison créole à balcon de bois jouxte un immeuble des années 1960.

L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, que tout le monde appelle la cathédrale ou l’église de fer, est la réponse locale à ces destructions. Derrière une façade de maçonnerie, la nef repose sur des piliers, des arcs et une charpente entièrement métalliques, rivetés et peints en jaune, une structure pensée pour encaisser les secousses et les cyclones. L’édifice est classé monument historique depuis 1978. L’intérieur se visite librement en dehors des offices, et vaut nettement plus que le coup d’œil rapide depuis la rue.

Intérieur de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Pointe-à-Pitre, piliers et arcs métalliques rivetés peints en jaune au-dessus des bancs de bois
La charpente métallique rivetée de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul · Photo Filo gèn’ / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

À quelques rues de là, deux maisons de ville classées abritent les petits musées du centre. Le musée Saint-John Perse, rue de Nozières, occupe une demeure coloniale à double galerie et balcons de fer forgé : il est consacré au poète guadeloupéen Alexis Leger, prix Nobel de littérature en 1960, et reconstitue un intérieur créole du XIXe siècle. Le musée Schœlcher, rue Peynier, présente les collections léguées par Victor Schœlcher, artisan du décret d’abolition de 1848. Les deux sont modestes, se voient en quarante-cinq minutes chacun, et ferment souvent le week-end : appelez ou vérifiez avant de vous déplacer.

La maison coloniale à double balcon de fer forgé qui abrite le musée Saint-John Perse, à Pointe-à-Pitre
La maison créole qui abrite le musée Saint-John Perse · Photo LPLT / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

Le port : ferries pour les îles et escales de croisière

Pour beaucoup de voyageurs, Pointe-à-Pitre se résume à un quai et à une heure d’attente. C’est de là que partent les liaisons maritimes vers le sud de l’archipel et vers les îles voisines. La gare maritime interrégionale se trouve dans le quartier de Bergevin, à l’ouest du centre, et une partie des vedettes inter-îles utilise les quais de la darse, en plein cœur de ville. Les deux points d’embarquement ne sont pas au même endroit : vérifiez lequel figure sur votre billet, l’erreur se paie d’un bateau manqué.

Au départ de Pointe-à-Pitre, la compagnie FRS Express des Îles dessert Grand-Bourg à Marie-Galante, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas aux Saintes, Roseau en Dominique, Fort-de-France et Le Marin en Martinique, ainsi que Castries à Sainte-Lucie. D’autres armateurs assurent les mêmes rotations vers Marie-Galante et les Saintes, et les Saintes se rejoignent aussi, plus vite, depuis Trois-Rivières en Basse-Terre. La Désirade, en revanche, ne se gagne pas d’ici : son bateau part de Saint-François.

Comptez environ une heure de mer pour Marie-Galante, un peu plus pour les Saintes au départ de la Pointe, et des tarifs affichés à partir d’une vingtaine d’euros l’aller-retour sur les lignes régionales, relevés avant la saison 2026-2027. La billetterie en ligne accepte les achats jusqu’à quarante-cinq minutes avant le départ, mais présentez-vous une heure avant si vous avez des bagages ou un véhicule à embarquer. Les traversées vers l’Atlantique remuent : si vous êtes sensible, prenez un cachet avant l’embarquement, pas après.

Le port dispose par ailleurs de neuf postes à quai à proximité immédiate du centre, partagés entre croisière, cabotage et marchandises. Les paquebots débarquent leurs passagers à quelques centaines de mètres du marché de la Darse, et cette clientèle pèse lourd dans la fréquentation des sites du centre : près d’un tiers des visiteurs du Mémorial ACTe viendraient de la croisière. Si vous êtes en escale de cinq ou six heures, le trio marché, centre ancien, Mémorial ACTe se fait à pied sans taxi.

La darse de Pointe-à-Pitre vue depuis l'eau, remorqueurs à quai, pontons et reliefs de Basse-Terre à l'horizon
La darse vue depuis l’eau, les reliefs de Basse-Terre au fond · Photo Filo gèn’ / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Est-ce que Pointe-à-Pitre est dangereuse ?

La question revient dans toutes les recherches, elle mérite une réponse nette et sans emphase. De jour, le centre de Pointe-à-Pitre est une ville active et très fréquentée, où l’on circule à pied sans problème particulier. Les quartiers touristiques, le marché, la place de la Victoire, les quais et le Mémorial ACTe, ne posent pas de difficulté entre huit heures et dix-sept heures. Les précautions à prendre sont celles de n’importe quelle ville de cette taille en France.

Le vrai changement arrive à la fermeture des commerces, vers dix-sept ou dix-huit heures. Le centre se vide d’un coup, les rideaux de fer tombent, et la ville n’a pas de vie nocturne : les restaurants et les bars du soir sont au Gosier et à la marina de Bas-du-Fort, pas ici. Marcher seul dans des rues désertes après la tombée de la nuit, qui arrive tôt sous les tropiques, n’a donc aucun intérêt et n’est pas recommandé. Ce n’est pas une consigne dramatique, c’est du bon sens urbain.

Deux réflexes suffisent la plupart du temps. Ne laissez jamais rien de visible dans la voiture, sac, appareil photo, veste posée sur le siège, y compris sur les parkings surveillés et y compris pour dix minutes. Et gardez votre sac côté trottoir, fermé, dans la foule du marché. Le risque dominant est le vol d’opportunité, pas l’agression.

Quant à la question du coin à éviter en Guadeloupe, qui revient sans cesse, la réponse honnête est qu’aucune commune n’est à rayer de la carte. Certains quartiers périphériques de Pointe-à-Pitre et des Abymes cumulent chômage et habitat dégradé, et font l’objet d’une opération de rénovation urbaine depuis 2006. Ils ne sont ni sur votre route ni sur votre carte touristique. Confondre pauvreté visible et danger serait injuste pour la ville et faux pour le voyageur.

Le dimanche, n’y allez pas

Les marchés sont fermés ou réduits, les musées aussi, les commerces baissent le rideau et le centre devient désert. Le lundi est calme mais praticable. Le meilleur moment reste le samedi matin, quand la halle Saint-Antoine tourne à plein.

Venir, se garer et choisir le bon créneau

Premier point à clarifier, parce qu’il induit tout le monde en erreur : l’aéroport international Guadeloupe Pôle Caraïbes, code PTP, n’est pas sur la commune de Pointe-à-Pitre. Il se trouve aux Abymes, au lieu-dit Le Raizet, à moins de cinq kilomètres du centre-ville. Il porte le nom de Pointe-à-Pitre dans les moteurs de réservation parce que c’est la ville de référence, rien de plus. C’est le seul aéroport de l’archipel capable d’accueillir des long-courriers. Tout ce qui concerne les vols, la location de voiture et les formalités est rassemblé sur notre page préparer son voyage en Guadeloupe.

Depuis l’aérogare, un taxi rejoint le centre en dix à quinze minutes hors heure de pointe, pour un montant de l’ordre de 15 à 25 € estimés selon l’horaire. Le réseau de bus urbain Karu’lis dessert l’aéroport et les communes voisines, et la gare routière de Bergevin centralise les liaisons vers le reste de l’archipel. Ces solutions conviennent sans bagages encombrants ; avec deux valises et un vol de nuit, le taxi reste plus simple.

En voiture, la ville est bordée par deux rocades et desservie par trois axes : la RN1 vers Basse-Terre par le pont de la Gabarre, la RN4 vers Sainte-Anne et Saint-François, la RN5 vers l’aéroport et le nord de Grande-Terre. L’agglomération se bouche sérieusement entre 6 h 30 et 8 h 30 le matin, puis entre 15 h 30 et 18 h 30 le soir. Traverser à ces heures-là peut coûter quarante minutes pour quelques kilomètres. Arrivez avant huit heures ou après neuf heures trente, et repartez avant quinze heures.

Pour le stationnement, visez les parkings payants du front de mer et de la darse plutôt que les rues du damier, étroites, en sens unique et pleines de livraisons en double file. Le Mémorial ACTe dispose de son propre parking, pratique si vous commencez par lui. Prévoyez de la monnaie ou une carte pour les horodateurs, et videz la voiture avant de la quitter.

Étape Durée à prévoir Fourchette estimée
Marché Saint-Antoine et marché de la Darse 45 min à 1 h 30 gratuit, 2 à 12 € les achats
Place de la Victoire, église de fer, rues du centre 1 h à 1 h 30 gratuit
Mémorial ACTe, exposition permanente 2 à 3 h environ 15 €
Musée Saint-John Perse ou musée Schœlcher 45 min quelques euros
Déjeuner bokit ou plat créole 30 à 45 min 5 à 15 €

Ces montants sont des fourchettes estimées, relevées avant la saison 2026-2027, à recouper sur place ou au moment de réserver.

Où manger : bokit, lolos et cuisine du marché

Le bokit est l’affaire du midi à Pointe-à-Pitre. C’est un pain frit, gonflé et croustillant, fendu et garni de morue, de poulet, de thon ou de jambon-fromage, que l’on achète aux camions et aux petites baraques installées près des quais, autour du marché et sur les axes de sortie de ville. Comptez 5 à 8 € estimés selon la garniture, davantage pour un agoulou ou une version copieuse. On le mange debout ou assis sur un muret, et il tient au corps jusqu’au soir.

Les lolos, ces petites gargotes créoles sans prétention, servent le plat du jour aux travailleurs du centre entre onze heures trente et quatorze heures : colombo de poulet ou de cabri, court-bouillon de poisson, dombrés aux crevettes, accras en entrée, le tout autour de 12 à 18 € estimés. Le service est rapide, l’assiette généreuse, et la carte se résume souvent à ce qui a été cuisiné le matin. Beaucoup ferment après le déjeuner et n’ouvrent pas le soir.

Le marché lui-même nourrit son monde : sorbet coco tourné à la main, jus de canne pressé devant vous, maracudja, corossol, sachets de fruits découpés, sucreries à la noix de coco. C’est aussi le meilleur endroit pour goûter avant d’acheter, et pour poser des questions sur les épices que vous ne connaissez pas. Nous ne citons pas d’adresse : les camions bougent, les gargotes changent de mains, et une recommandation périmée fait plus de tort qu’elle ne rend service.

Dernier conseil, valable toute l’année : emportez de l’eau. Il n’y a pas d’ombre sur la place de la Victoire à midi, les rues du damier renvoient la chaleur, et les fontaines publiques sont rares. Une bouteille d’un litre et demi par personne, achetée au marché ou dans une supérette du centre, change complètement le confort d’une matinée de visite.

Questions fréquentes

Quelle est la capitale de la Guadeloupe ?

La capitale administrative est Basse-Terre, en Basse-Terre, où siège la préfecture. Pointe-à-Pitre, sur Grande-Terre, est la sous-préfecture et la capitale économique de l’archipel : c’est là que se trouvent le port, le centre hospitalier universitaire et l’essentiel de l’activité commerciale. Les deux villes sont souvent confondues, y compris dans la presse.

Combien de temps faut-il pour visiter Pointe-à-Pitre ?

Une demi-journée suffit pour le marché, le centre ancien et les quais. Ajoutez deux à trois heures si vous visitez le Mémorial ACTe, ce qui porte l’ensemble à une journée complète. Un musée en plus et vous êtes large. La ville se parcourt entièrement à pied, aucun trajet ne dépasse un quart d’heure de marche.

Quelle est la meilleure période pour aller à Pointe-à-Pitre ?

Le carême, de décembre à mai, offre le temps le plus sec et le plus supportable pour marcher en ville. En hivernage, de juin à novembre, l’humidité et les averses rendent les matinées moins agréables, et la saison cyclonique impose de suivre les bulletins. À l’échelle de la journée, visez toujours la matinée : à partir de treize heures, la chaleur et les fermetures gâchent la visite.

Peut-on se baigner à Pointe-à-Pitre ?

Non, la commune n’a pas de plage de baignade : elle est construite sur d’anciens marécages, au bord d’une rade portuaire et d’une mangrove. Les premières plages fréquentables sont au Gosier, à une dizaine de minutes en voiture, puis le long de la côte sud de Grande-Terre vers Sainte-Anne. Prévoyez la ville le matin et la plage l’après-midi.

Faut-il une voiture pour visiter Pointe-à-Pitre ?

Pour la ville elle-même, non : tout se fait à pied depuis un parking du front de mer, et la voiture est plutôt une contrainte dans le damier en sens unique. Pour le reste de la Guadeloupe, elle reste indispensable. Si vous arrivez en croisière ou en ferry, laissez tomber le taxi et marchez.

Que rapporter du marché de Pointe-à-Pitre ?

Des épices en priorité : bâtons de cannelle, muscade entière, bois d’Inde, mélange à colombo, roucou, poivres. Les sirops de canne, de gingembre ou d’oseille voyagent bien s’ils sont bien fermés. Évitez les punchs arrangés déjà bouteillés, fragiles en soute, et demandez l’origine de la vanille avant d’en acheter.

Lucie Armand

Lucie s'occupe des dépendances, Marie-Galante en tête, des budgets et des itinéraires. Elle compte les nuits d'hôtel en carême et en hivernage avant de conseiller une date.

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