Escale 04 · 15°52′ N · 61°35′ O
Les Saintes : Terre-de-Haut, Terre-de-Bas et la baie classée
Une baie classée parmi les plus belles du monde.
Les Saintes, ce sont neuf îles et îlets posés à une dizaine de kilomètres au sud de la Basse-Terre, dont deux seulement sont habités : Terre-de-Haut, la visitée, et Terre-de-Bas, la discrète. On y vient pour une baie classée parmi les plus belles du monde, un fort peuplé d’iguanes et un rythme de village que la Guadeloupe continentale a un peu perdu.
- Accès : ferry depuis Trois-Rivières (20 à 30 minutes) ou Pointe-à-Pitre (45 minutes à 1 heure), plusieurs rotations par jour
- Budget traversée : environ 25 à 32 € l’aller-retour adulte depuis Trois-Rivières, 45 à 55 € depuis Pointe-à-Pitre (fourchettes estimées)
- À voir : la baie de Terre-de-Haut, le Fort Napoléon et ses iguanes, le Pain de Sucre, la plage de Pompierre, le morne du Chameau
- Durée : une journée pour l’essentiel de Terre-de-Haut, une nuit pour avoir l’île sans la foule
- Meilleure période : le carême, de décembre à mai, plus sec et plus stable
Un archipel, deux îles habitées
L’archipel des Saintes dépend administrativement de la Guadeloupe, mais il a sa géographie et son caractère propres. Neuf îles et îlets volcaniques ferment le canal des Saintes, face aux pentes de la Soufrière ; seules Terre-de-Haut et Terre-de-Bas sont habitées, par environ 2 500 personnes en tout. Les Saintois, longtemps tournés vers la pêche, descendent en grande partie de familles bretonnes, normandes et poitevines arrivées au XVIIe siècle.
Terre-de-Haut concentre l’image que tout le monde a en tête : un bourg de cases blanches aux toits rouges enroulé autour d’une baie profonde, protégée par l’îlet à Cabrit et le Pain de Sucre. Cette baie est membre du Club des plus belles baies du monde, et on comprend pourquoi dès la sortie du ferry. Terre-de-Bas, en face, vit à l’écart des flux : quelques centaines d’habitants, deux villages, des sentiers et très peu de visiteurs.

Le contraste entre les deux îles structure la visite. On passe une journée dense sur Terre-de-Haut, puis, si l’on a le temps, une demi-journée paisible sur sa voisine. Les deux se combinent bien avec la côte sud de Basse-Terre, dont partent la plupart des bateaux.
Que faire aux Saintes ? Les incontournables de Terre-de-Haut
Commencez par le Fort Napoléon, construit dans les années 1860 sur le morne Mire, au-dessus de la baie. La montée à pied prend une vingtaine de minutes depuis le bourg, et la récompense est double : un panorama complet sur l’archipel et un jardin exotique où vivent des iguanes, pour l’essentiel des iguanes communs ou des hybrides : l’iguane des Petites Antilles, l’espèce indigène menacée, a disparu des Saintes. Le fort abrite aussi un musée consacré à l’histoire locale et à la bataille navale des Saintes de 1782. Il n’ouvre en règle générale que le matin : visez-le en premier.

Deuxième silhouette célèbre de l’île : le Pain de Sucre, un piton basaltique d’une cinquantaine de mètres planté entre deux petites plages. C’est le meilleur spot de snorkeling de Terre-de-Haut, avec des fonds rocheux poissonneux à quelques mètres du bord. L’accès se fait par un sentier court mais raide ; prévoyez des chaussures qui tiennent le pied et de l’eau.

Côté baignade familiale, la plage de Pompierre reste la valeur sûre. Cette anse en fer à cheval, fermée par les Roches Percées, offre une eau calme et peu profonde, ombragée de cocotiers et de raisiniers. On y marche depuis le bourg en une petite demi-heure. Plus confidentielle, l’anse Crawen, tout au sud, plaît à ceux qui cherchent le calme. Attention en revanche à Grande-Anse, face à l’Atlantique : la baignade y est interdite en raison des courants.

Les marcheurs ajouteront le morne du Chameau, point culminant de l’archipel à 309 mètres. Comptez deux à trois heures aller-retour depuis le bourg, sur une piste cimentée puis un sentier, avec en haut une vue qui embrasse la baie, Marie-Galante et la Soufrière. Au retour, cédez au tourment d’amour, la tartelette saintoise à la noix de coco (il en existe aussi à la goyave ou à la banane) vendue à l’arrivée des bateaux. C’est la madeleine locale, et elle se mérite mieux après le morne.
Terre-de-Bas, l’île qui vit à son rythme
Une courte navette relie Terre-de-Haut à Terre-de-Bas en une dizaine de minutes, et certains bateaux venus de Trois-Rivières y font escale. Le changement d’ambiance est immédiat : pas de scooters de location en file, peu de commerces, des habitants qui saluent. Les deux villages, Petites-Anses et Grande-Anse, se découvrent à pied, et la plage de Grande-Anse, bordée par sa petite église, permet une baignade tranquille.

L’île garde aussi des traces d’histoire : les vestiges de la poterie Fidelin, manufacture du XVIIIe siècle installée près de Grande-Baie, et une tradition artisanale toujours vivante, dont le salako, le chapeau saintois tressé que l’on fabrique encore ici. Un sentier balisé relie les deux villages à travers les mornes. Si vous dormez aux Saintes, réservez une demi-journée à Terre-de-Bas ; à la journée, c’est faisable mais serré.
Comment rejoindre les Saintes en ferry ?
Deux portes d’entrée principales existent. La plus rapide part de Trois-Rivières, sur la côte sud de Basse-Terre : 20 à 30 minutes de traversée selon la mer et le bateau, avec CTM Deher qui assure l’essentiel des rotations quotidiennes. Depuis Pointe-à-Pitre, comptez 45 minutes à 1 heure de mer, sur des liaisons moins fréquentes et un peu plus chères. Les horaires changent selon la saison : vérifiez-les sur les sites des compagnies avant de caler votre journée.

| Départ | Durée indicative | Aller-retour adulte (estimation) | Compagnies |
|---|---|---|---|
| Trois-Rivières | 20 à 30 min | 25 à 32 € | CTM Deher |
| Pointe-à-Pitre | 45 min à 1 h | 45 à 55 € | Express des Îles, selon calendrier |
À Trois-Rivières, des parkings payants entourent l’embarcadère ; comptez quelques euros la journée et arrivez 30 à 45 minutes avant le départ en haute saison, le temps de garer la voiture et de retirer les billets. Les premiers bateaux partent entre 8 h et 9 h, les derniers retours se font en fin d’après-midi. L’office de tourisme des îles de Guadeloupe tient à jour la liste des compagnies et des liaisons.
La traversée est courte mais souvent agitée, surtout l’après-midi quand l’alizé forcit. Si vous craignez le mal de mer, prenez un bateau du matin, installez-vous au centre du navire et gardez l’horizon en vue. Les comprimés contre la naupathie se prennent avant d’embarquer, pas pendant.
Une journée suffit-elle, ou faut-il dormir sur place ?
À la journée, vous débarquez vers 9 h et repartez vers 16 h. Six à sept heures sur place suffisent pour le Fort Napoléon, une plage et le tour du bourg, à condition de ne pas traîner. C’est la formule la plus simple depuis un hébergement sur Basse-Terre, et elle s’insère facilement dans nos itinéraires en Guadeloupe. Son défaut : vous vivez l’île aux mêmes heures que tous les autres excursionnistes, quand le bourg est le plus dense.
Dormir une nuit change la nature du séjour. Le dernier bateau parti, Terre-de-Haut retrouve ses habitants, le bourg se vide, et vous avez Pompierre ou le Pain de Sucre presque pour vous en fin de journée et tôt le matin. C’est aussi la seule façon confortable d’ajouter le morne du Chameau ou Terre-de-Bas au programme. Les hébergements sont de petites structures, vite complètes en carême : réservez plusieurs semaines en avance.

Se déplacer sur place : à pied, en scooter ou en voiturette électrique
Terre-de-Haut se parcourt d’abord à pied. Le bourg est minuscule, Pompierre est à 25 ou 30 minutes de marche, le fort à 20 minutes de montée. Pour rayonner davantage, les loueurs du débarcadère proposent des scooters, de plus en plus souvent électriques, et des voiturettes électriques : comptez grosso modo 30 à 40 € la journée pour un scooter, davantage pour une voiturette. Casque obligatoire, routes étroites et pentues, piétons partout : on roule doucement.
Il n’existe pas de location de voiture pour les visiteurs, et c’est très bien ainsi : l’île fait à peine 5 kilomètres de long. Entre les deux îles, la navette maritime remplace le bus. Sur Terre-de-Bas, tout se fait à pied, avec un peu de dénivelé entre les villages.
Quand y aller, pour qui, et pour quel budget ?
La bonne saison
Le carême, de décembre à mai, offre le temps le plus sec et la mer la plus lisible ; c’est la période idéale, détaillée dans notre guide quand partir en Guadeloupe. L’hivernage, de juin à novembre, alterne éclaircies et grains, avec un risque cyclonique réel de la fin août à octobre : surveillez la vigilance de Météo-France Antilles avant de réserver la traversée. Les Saintes, au relief modeste, restent nettement plus sèches que la Basse-Terre voisine. Des échouages de sargasses se produisent par épisodes sur les côtes exposées à l’est ; la baie, orientée à l’ouest, est en général épargnée.
Pour qui ?
Les Saintes conviennent aux marcheurs, aux amateurs de snorkeling et à ceux qui aiment les bourgs qui se traversent à pied. Les familles y trouvent des plages calmes, Pompierre en tête. En revanche, si vous cherchez de longues plages désertes et des distilleries, Marie-Galante répondra mieux à l’envie. Les deux excursions ne font pas doublon : l’une est verticale et villageoise, l’autre horizontale et rurale.
Budget indicatif
Pour une journée depuis Trois-Rivières, comptez en fourchettes estimées : 25 à 32 € de traversée, 5 à 10 € de parking et d’extras à l’embarcadère, 30 à 40 € de scooter si vous en louez un, quelques euros d’entrée au fort, et 15 à 30 € pour déjeuner. Soit environ 50 € par adulte en version marche à pied, et 100 à 120 € en version scooter et restaurant. Une nuit sur place ajoute grosso modo 80 à 180 € la chambre double selon la saison.
Pompierre, l’anse Crawen et les criques de Terre-de-Haut sont comparées aux autres littoraux dans le guide des plages de Guadeloupe.
Questions fréquentes
Quel est le prix d’un billet de bateau pour les Saintes ?
Depuis Trois-Rivières, l’aller-retour adulte se situe en général entre 25 et 32 € selon la compagnie et la saison, hors promotions. Depuis Pointe-à-Pitre, comptez plutôt 45 à 55 €. Les enfants bénéficient de tarifs réduits. Ces montants restent des ordres de grandeur : vérifiez les grilles de CTM Deher ou Express des Îles au moment de réserver.
Combien de temps faut-il pour visiter les Saintes ?
Une journée pleine, entre le bateau de 9 h et celui de 16 h, couvre le Fort Napoléon, une plage et le bourg de Terre-de-Haut. Avec une nuit sur place, vous ajoutez le morne du Chameau, l’anse Crawen ou une demi-journée à Terre-de-Bas, et vous profitez de l’île sans les excursionnistes. Deux jours constituent le bon format pour voir les deux îles.
Peut-on louer une voiture aux Saintes ?
Non, il n’y a pas de location de voiture ouverte aux visiteurs sur Terre-de-Haut. On se déplace à pied, en scooter ou en voiturette électrique louée près du débarcadère, pour environ 30 à 40 € la journée en fourchette estimée. L’île est petite et les distances courtes : Pompierre, le fort et le Pain de Sucre restent accessibles sans moteur.
Peut-on se baigner partout aux Saintes ?
Non. La baignade est interdite à Grande-Anse de Terre-de-Haut, exposée aux courants de l’Atlantique. Privilégiez Pompierre, fermée par les Roches Percées et très calme, les plages du Pain de Sucre pour le snorkeling, l’anse Crawen pour la tranquillité, ou la plage du village de Grande-Anse à Terre-de-Bas. En cas de houle, renseignez-vous au débarcadère avant de partir.
Le tourment d’amour, c’est quoi ?
C’est la pâtisserie emblématique des Saintes : une tartelette garnie de confiture de noix de coco, parfois déclinée à la goyave ou à la banane, recouverte d’une génoise. Les vendeuses en proposent à l’arrivée des ferries et dans le bourg. La tradition l’associe à l’attente des femmes de pêcheurs. Comptez quelques euros la pièce, et goûtez-la fraîche du jour.