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Séjours VoyagesGuadeloupe

Escale 05 · 16°19′ N · 61°04′ O

La Désirade : visiter l’île la plus discrète de la Guadeloupe

L'île qui n'a jamais triché.

Sentier dans la végétation sèche au-dessus de criques battues par l'Atlantique
16°19′ N · 61°04′ O

À une dizaine de kilomètres de la pointe des Châteaux, La Désirade reste la moins visitée des dépendances de la Guadeloupe. Une seule route longe sa côte sud, les cabris circulent en liberté et les plages se partagent entre habitants et visiteurs de passage. Voici comment organiser la traversée depuis Saint-François, ce qui mérite le détour et le budget à prévoir.

L’essentiel

  • Accès : environ 45 minutes de bateau depuis Saint-François, autour de 25 à 40 € l’aller-retour adulte (fourchette estimée)
  • Meilleure période : le carême, de décembre à mai, la saison la plus sèche
  • Sur place : scooter, vélo électrique ou minibus le long d’une unique route côtière d’une dizaine de kilomètres
  • À voir : plages de Fifi, du Souffleur et de Petite Rivière, réserve géologique, pointe des Colibris et pointe Doublé
  • Pour qui : les voyageurs qui cherchent une Guadeloupe sans foule ; peu d’animation le soir, et c’est voulu

Une île-plateau de 11 km restée à l’écart

Vue depuis la pointe des Châteaux, à l’extrémité de Grande-Terre, La Désirade ressemble à un long navire posé sur l’horizon. L’île mesure environ 11 km de long pour 2 km de large, et tout son relief tient dans un plateau calcaire qui culmine à 276 m à la Grande Montagne. La façade nord tombe en falaises dans l’Atlantique ; la vie se concentre au sud, sur l’étroite bande littorale abritée par un récif.

Christophe Colomb l’aperçoit en novembre 1493, lors de son deuxième voyage : c’est la première terre en vue, d’où son nom de Desirada, la désirée. L’histoire qui suit est moins romantique. L’île a longtemps servi de terre de relégation, et une léproserie a fonctionné à Baie-Mahault, son hameau oriental, du XVIIIe siècle jusqu’aux années 1950.

Aujourd’hui, environ 1 300 habitants vivent entre le bourg de Beauséjour, où accoste le bateau, et les hameaux des Galets, du Souffleur et de Baie-Mahault. La commune administre aussi les îlets de Petite Terre, réserve naturelle visible au large. Pas de zone commerciale, pas de résidence de tourisme : quelques lolos, des gîtes, des églises, des cabris et des champs de cactus. C’est précisément ce dépouillement qui attire.

Rue du bourg de Beauséjour à La Désirade, maisons basses et végétation sèche
Le centre de Beauséjour, près du débarcadère · Photo Desiderio MAURO / Wikimedia Commons (CC0)

Comment aller à La Désirade ?

Le bateau reste le seul accès régulier. Les navettes partent de la gare maritime de Saint-François, sur Grande-Terre, et rejoignent Beauséjour en 45 minutes environ. La Comadile, compagnie historique de la liaison, assure des rotations quotidiennes, en général tôt le matin avec un retour en milieu ou fin d’après-midi. Les horaires changent selon les jours de la semaine et la saison : vérifiez-les la veille et présentez-vous 30 minutes avant le départ.

Côté tarif, retenez une fourchette estimée de 25 à 40 € l’aller-retour par adulte. Les sources divergent : le comité du tourisme des îles de Guadeloupe annonce environ 40 € par adulte et 25 € par enfant sur la Comadile, quand d’autres grilles descendent vers 25 €. À confirmer au guichet.

Un mot sur la traversée : le canal entre la pointe des Châteaux et La Désirade est ouvert sur l’Atlantique, et la houle peut secouer, surtout de décembre à mars. Si vous êtes sujet au mal de mer, prenez un comprimé avant d’embarquer, installez-vous à l’arrière du bateau et fixez l’horizon. Un aérodrome existe près de Beauséjour, mais il n’accueille pas de ligne régulière.

Horaires indicatifs et réservation

Le premier départ de Saint-François se cale en général vers 8 h, avec parfois une seconde rotation en fin de journée. Vélos, scooters, planches et animaux embarquent sous conditions, à signaler en réservant. Et de janvier à mars, les baleines à bosse traversent le canal.

Les plages : à Fifi, Le Souffleur et Petite Rivière

Les plages désiradiennes occupent la côte sud, protégée par la barrière de corail. La plage à Fifi, à l’ouest près de Beauséjour, aligne sable clair et cocotiers sur un lagon peu profond ; c’est la plus proche du débarcadère, pratique quand on visite à la journée. Vous y croiserez plus de pêcheurs que de serviettes.

Au centre de l’île, la plage du Souffleur borde le hameau du même nom. L’ombre des cocotiers et des raisiniers, les barques amarrées et l’eau translucide en font l’arrêt baignade préféré de beaucoup d’habitués. Plus à l’est, la plage de Petite Rivière déroule la plus longue bande de sable de l’île, avec des carbets pour pique-niquer. Aucune de ces plages n’est surveillée : restez dans le lagon, la sortie du récif est réservée aux habitués.

Plage du Souffleur à La Désirade, sable clair bordé de cocotiers et lagon calme
La plage du Souffleur, sur la côte sud · Photo Desiderio MAURO / Wikimedia Commons (CC0)

La plage à Fanfan et l’Anse des Galets

La plage à Fanfan se glisse derrière une cocoteraie à l’est de Beauséjour, à quelques minutes du bourg à pied : l’option la plus simple sans véhicule. Eau calme, fonds vivants, pêcheurs qui démêlent leurs filets sur le sable.

Plage à Fanfan à La Désirade, cocotiers penchés au-dessus d'une eau peu profonde
La plage à Fanfan, à l’est de Beauséjour · Photo Desiderio MAURO / Wikimedia Commons (CC0)

L’Anse des Galets, elle, ne se baigne pas : le sable cède la place aux galets. On y vient pour marcher, pour les iguanes et pour les radiolarites qui annoncent la réserve géologique. Gardez ailleurs masque et tuba, les oursins fréquentent les herbiers ; les alizés, eux, régalent les kitesurfeurs.

Plage de sable clair bordée de cocotiers avec transats et parasols en Guadeloupe
Plage aménagée en Guadeloupe. Sur La Désirade, Fifi et Petite Rivière offrent le même lagon, transats en moins · Photo Pexels / Mathias Reding

Que faire à La Désirade au-delà des plages ?

Commencez par la pointe des Colibris, à l’entrée ouest de l’île : une table d’orientation y embrasse le canal, la pointe des Châteaux et les îlets de Petite Terre. À l’autre extrémité, la pointe Doublé marque la fin de la route, avec son phare, sa station météo et les vagues qui frappent les falaises. Entre les deux, chaque hameau a son ponton, son cimetière fleuri et ses cases colorées.

La Désirade est aussi un site géologique classé. Depuis 2011, une réserve naturelle nationale protège la partie orientale de l’île, où affleurent les plus vieilles roches des Petites Antilles, datées d’environ 145 millions d’années. Un sentier de découverte balisé entre Baie-Mahault et la pointe Doublé permet de repérer laves en coussins et radiolarites, avec des panneaux qui rendent la lecture accessible aux non-géologues.

À Baie-Mahault justement, les ruines de l’ancienne léproserie et de sa chapelle se visitent librement, à quelques pas d’une ancienne cotonnerie. Les marcheurs grimperont sur le plateau par le sentier de la Grande Montagne, entre gaïacs, cactus cierges et iguanes des Petites Antilles, une espèce protégée que l’île abrite encore. Comptez de bonnes chaussures, un chapeau et beaucoup d’eau : l’ombre est rare là-haut. En redescendant, la chapelle Notre-Dame du Calvaire, au-dessus de Beauséjour, offre le plus beau point de vue sur le bourg.

Ruines de la chapelle de l'ancienne léproserie de La Désirade gagnées par la végétation
La chapelle de l’ancienne léproserie · Photo Desiderio MAURO / Wikimedia Commons (CC0)
Deux Baie-Mahault

Ne confondez pas le hameau de Baie-Mahault, à l’est de La Désirade, avec la commune de Baie-Mahault sur Basse-Terre, zone commerciale la plus dense de Guadeloupe. Même nom, ambiance radicalement opposée.

Côte rocheuse couverte de végétation sèche dominant une mer écumante
Côte rocheuse et végétation sèche face à l’océan, un paysage qui rappelle la côte au vent de La Désirade · Photo Pexels / Mathias Reding

Le Jardin botanique du Désert

Sur la route du Souffleur, un jardin privé rassemble cactus-cierges, têtes-à-l’Anglais et melocactus coiffés de rouge, ce qui lui a valu le label national « Jardin remarquable » en 2024. Une petite heure suffit, mais les horaires dépendent de la saison : renseignez-vous en débarquant.

Le cimetière marin et l’église du bourg

Le cimetière de Beauséjour s’étire face à l’océan, tombes blanches à quelques mètres de l’eau, où reposent des générations de marins pêcheurs : visitez-le discrètement, c’est un lieu vivant pour les familles. À quelques rues, l’église Notre-Dame-de-Bon-Secours date de 1754, quand il fallait encore traverser jusqu’à Saint-François pour se marier ; les cyclones de 1899 et de 1928 l’ont obligée à se relever.

Cimetière de Beauséjour à La Désirade, tombes blanches alignées face à l'océan
Le cimetière de Beauséjour, face à l’océan · Photo Desiderio MAURO / Wikimedia Commons (CC0)

Iguanes, cabris et fêtes de l’île

L’île est l’un des derniers bastions de l’iguane des Petites Antilles, Iguana delicatissima, classé en danger critique d’extinction par l’UICN. Sa menace n’est pas le visiteur mais l’iguane commun, introduit dans l’archipel, qui s’hybride avec lui. Vous le croiserez sur les murets et parfois au milieu de la route : levez le pied. Les falaises du nord accueillent frégates et pélicans, et les cabris ont la priorité partout.

La végétation joue la carte du sec, seules les ravines gardant courbarils et goyaviers. La Fèt a kabrit se tient autour du week-end de Pâques, la fête des marins pêcheurs à la mi-août : La Désirade est le premier port de pêche de la Guadeloupe.

Iguane des Petites Antilles posé sur un rocher dans la réserve géologique de La Désirade
Un iguane des Petites Antilles dans la réserve géologique · Photo Lizot pierrick / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Comment se déplacer sur l’île ?

Tout se joue le long de l’unique route côtière, une dizaine de kilomètres entre Beauséjour et la pointe Doublé. Le scooter est la solution la plus répandue : plusieurs loueurs attendent à la descente du bateau, autour de 25 à 35 € la journée en ordre de prix. Réservez la veille en haute saison, le parc est limité.

Le vélo électrique gagne du terrain et convient bien au profil de la route, globalement plat avec quelques raidillons. Des minibus font aussi office de taxis collectifs pour rejoindre les plages ou la pointe Doublé, pratique si vous ne conduisez pas. À pied, on couvre sans effort le triangle Beauséjour, plage à Fifi, chapelle du Calvaire, mais traverser toute l’île sous le soleil se mérite. Quelques voiturettes et 4×4 se louent également, utiles pour les familles chargées.

Les compagnies vendent aussi des formules à la journée qui regroupent traversée, tour guidé et déjeuner, en minibus le long du littoral ou en 4×4 pour monter sur le plateau. Repère utile : trente minutes en voiture d’un bout à l’autre, trois heures à pied.

Où manger et que rapporter

La restauration tient en une poignée d’adresses entre Beauséjour, Les Galets et Le Souffleur, souvent une terrasse face au lagon. La carte varie peu : accras et boudin, poisson grillé du matin, court-bouillon ou colombo de cabri, langouste en supplément, flan coco pour finir. Commandez en arrivant le matin, les cuisines sont petites.

L’île se rapporte aussi dans un sac : savonnerie artisanale, teinture à l’indigo, lapidaire qui taille les pierres locales, miel désiradien. Pas de distillerie ici, même si le rhum arrangé se prépare dans toutes les cuisines. Prévoyez des espèces, la carte ne passe pas partout.

Quand y aller et combien de temps rester ?

La Désirade suit le rythme climatique de l’archipel, en plus sec : le carême, de décembre à mai, offre un ciel stable et une mer plus praticable, tandis que l’hivernage, de juin à novembre, apporte chaleur, averses et risque cyclonique. L’île étant peu arrosée, elle reste agréable même en saison humide, mais surveillez les bulletins de Météo-France Antilles avant de traverser : quand la houle forcit, les rotations peuvent être modifiées. Des échouages de sargasses touchent parfois les côtes exposées, sans qu’on puisse les prévoir longtemps à l’avance. Pour caler votre séjour dans l’année, consultez notre guide Quand partir en Guadeloupe.

À la journée, l’affaire fonctionne bien : premier bateau le matin, retour l’après-midi, soit six à sept heures sur place, assez pour un tour en scooter, une plage et le sentier géologique. Rester une nuit change pourtant l’expérience. Une fois les visiteurs repartis, l’île retrouve son silence, et le lever du soleil sur la pointe Doublé vaut l’effort. Dans un itinéraire d’une ou deux semaines, comptez La Désirade comme une vraie étape, pas comme un lot de consolation.

Pour qui, et pour quel budget ?

L’île comblera les marcheurs, les amateurs de snorkeling tranquille et tous ceux qui veulent voir une Guadeloupe sans programme. Les enfants apprécient les cabris, les iguanes et les lagons peu profonds. En revanche, si vous cherchez restaurants variés, plages animées et sorties nocturnes, Les Saintes répondront mieux à vos attentes : ici, presque tout ferme au coucher du soleil.

Côté dépenses, les fourchettes ci-dessous sont des estimations indicatives, constatées sur les grilles publiques des prestataires ; vérifiez avant de partir.

Poste Fourchette estimée
Traversée aller-retour (adulte) 25 à 40 €
Scooter à la journée 25 à 35 €
Vélo électrique à la journée 20 à 25 €
Déjeuner dans un lolo 15 à 25 €
Nuit en gîte ou chambre d’hôtes 60 à 100 €

Une journée complète revient donc à 60 à 90 € par personne, transport et déjeuner compris. C’est l’une des excursions les plus abordables de l’archipel, d’autant qu’aucun site ne demande de billet d’entrée.

Les plages de La Désirade sont replacées par rapport aux autres littoraux de l’archipel dans notre guide des plages de Guadeloupe.

Questions fréquentes

Combien coûte le bateau pour La Désirade ?

Comptez une fourchette estimée de 25 à 40 € l’aller-retour par adulte au départ de Saint-François, avec des tarifs réduits pour les enfants, souvent autour de 25 €. L’écart tient à la compagnie et à la formule choisie : les grilles sont révisées régulièrement, vérifiez au guichet de la gare maritime ou en ligne avant votre traversée.

Quelle est la distance entre la Guadeloupe et La Désirade ?

Une dizaine de kilomètres séparent la pointe des Châteaux, à l’est de Grande-Terre, de la côte désiradienne. Depuis le port de Saint-François, la navette couvre le trajet en 45 minutes environ. Par temps clair, on distingue nettement le plateau de l’île depuis les plages de Saint-François.

Peut-on visiter La Désirade en une journée ?

Oui, c’est même la formule la plus courante. En prenant le premier bateau du matin et le retour de l’après-midi, vous disposez de six à sept heures sur place. Louez un scooter dès l’arrivée pour enchaîner pointe des Colibris, plage du Souffleur, sentier géologique et pointe Doublé sans courir.

Y a-t-il des hôtels sur La Désirade ?

Il n’y a pas d’hôtel classé sur l’île : l’offre se compose de gîtes, de chambres d’hôtes et de quelques bungalows, surtout autour de Beauséjour. Les capacités sont réduites, réservez tôt pendant le carême. Beaucoup de visiteurs dorment à Saint-François et traversent à la journée.

Quelle est l’histoire de La Désirade ?

Aperçue par Christophe Colomb en novembre 1493, la Desirada fut la première terre en vue de son deuxième voyage. Longtemps isolée, l’île a servi de lieu de relégation et a abrité une léproserie à Baie-Mahault, du XVIIIe siècle aux années 1950. Ses habitants vivent traditionnellement de la pêche.

Combien de temps dure le vol pour la Guadeloupe ?

Comptez 8 heures à 8 h 30 de vol direct vers Pointe-à-Pitre, puis la route jusqu’à Saint-François et 45 minutes de bateau. Rallier La Désirade le jour de l’atterrissage reste possible, mais fatigant.

Peut-on combiner La Désirade et Petite Terre ?

Les îlets de Petite Terre dépendent de la commune de La Désirade, mais ce sont deux sorties distinctes. Cette réserve se rejoint en bateau depuis Saint-François, pour une journée de snorkeling avec tortues et raies.

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